07/05/2010

Acte du "Séminaire Casamance"

LES PAYSANS DE BOUMOUDA FACE A LEUR ENVIRONNEMENT NATUREL

 

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           Eco-club est une structure d’écologistes qui lutte pour un meilleur environnement de façon générale. Animé d’une conscience qui est toute sa vision, celle d’un environnement écologiste, social, économique, culturel ; Eco-club intervient sans plusieurs domaines, cherchant toujours des stratégies qui (…) à améliorer nos conditions d’existence et notre cadre de vie. La sensibilisation est son activité essentielle. C’est le moyen avec lequel il cherche à inculquer sa connaissance à un plus grand nombre de citoyens. La sensibilisation se traduit par des activités socio- économiques, socio- culturelles, des actions socio- civiques , par la productions de documents traitant de problème d’environnement, etc..

 

          Eco-club dispose d’une antenne à Boumouda .Ce village est situé en environ 45km de Ziguinchor, en amont sur la rive gauche de la Casamance, dans la région de Kolas .Il est limité à l’Ouest par le Bolon. Malgré  la dégradation qui y est constatée, Boumouda conserve encore une bonne partie de sa nature .On y trouve surtout des palmier, des rônier, des baobabs, des fromagers et beaucoup d’arbres fruitiers plantés par des paysans .

 

            Eco-club a d’abord a cherché a comprendre les réalités de Boumouda, de façon général, avant de s’y implanter .Ensuite, travaillant avec des paysans, cette compréhension s’est approfondie davantage quand aux rapports que ceux-ci ont avec leur milieu naturel, l’exploitation qu’ils en font et les moyens utilisés pour le protéger, l’améliorer ou la maîtriser

 

Boumouda, la population est paysanne. Le paysan tire la presque totalité de sa subsistance du milieu naturel. L’exploitation qu’il en fait est à la fois importante et variée .Nous noterons surtout.

  

Agriculture : riz, arachides, mil, mais, sorgho ;

Bois de chauffage ; bois de charpente et de clôture ; paille de toiture.

Herbes médicinales ;

Pêche : crevettes et poissons

 

Action importante des paysans sur leur milieu naturel a entrain des dégradations constatées par les vieux et les adultes. Elle a occasionné la disparition d’un important patrimoine de rôniers. D’autres pratiques comme les feux de brousse ont endommagé la nature. L’érosion a appauvri des sols des rivières ont été envahies par le sable puis abandonnées.

 

Face à un milieu naturel de plus en plus hostile et ayant des conséquences néfastes sur leurs conditions d’existence, les paysans de Boumouda prennent des initiatives pour gérer et développer leurs ressources naturelles. Divers moyens sont depuis peu utilisés dans ce sens, d’autres depuis très longtemps. Nous retiendrons essentiellement :

 

Amélioration : mise en jachère des terres ; fertilisation par la bouse de vache et les ordures ménagères ; mise en contribution du troupeau villageois etc.

 

Lutte contre les déprédateurs : tranchées, production de fumée et de bruits contre les criquets ;  cendre contre les vers qui attaquent les plants.

 

Protection : reboisement des champs d’arachide abandonnés, suscité par ECO-CLUB ; digues de protection des rizières contre l’eau salée ; loi interdisant strictement les feux de brousse ; instauration d’un mode d’exploitation rationnel et contrôlé des arbres et de leurs produits ; la coupe de rôniers soumise à une autorisation du chef du village, accordée uniquement pour les besoins ; de construction ; sanctions sévères comme la bastonnade  et le paiement d’une lourde amende pour non-respect des lois.

 

Aux initiatives des paysans pour améliorer leur cadre de vie et leurs conditions d’existence, se sont ajoutées celles des intervenants. La plupart des interventions à Boumouda consiste en des activités économiques. On y note une seule réalisation visant à améliorer l’environnement naturel dans un long terme.

 

Beaucoup d’interventions ont échoué à Boumouda. D’autres sont inachevées et abandonnées. Les rares en cours suscitent des interrogations de la part des paysans. ECO-CLUB a cherché à comprendre et à expliquer les causes de l’échec ou des difficultés que connaissent les interventions à Boumouda.

 

D’abord quel bilan les paysans ont-ils fait de leur expérience de travail avec les intervenants ? Pour en discuter, ECO-CLUB a pris l’initiative d’un « bantang ba » à Boumouda. Le « bantang ba » est à Boumouda l’assemblée générale la plus élargie. Elle se réunit uniquement pour discuter d’affaires intéressant tout le village. La passion suscitée par le sujet à débattre et les discussions houleuses par moments, sont l’expression d’un sentiment partagé par tous les paysans : l’insatisfaction ou la déception de leur expérience de travail avec les intervenants.

 

Toutes les interventions ont été énumérées par les paysans qui ont ensuite donné leur explication de l’échec ou des difficultés de chacune d’elles. Nous noterons pour l’essentiel :

 

Le choix des projets : le paysan y est pas associé. Les projets sont conçus à son insu avant de lui être proposés. Il y en a qui ne répondent pas à ses besoins les plus urgents ou qui sont incompatibles à ses réalités ; cela l’amène à se désintéresser du projet pour vaquer à ses propres occupations ;

 

L’organisation et la structuration : ce volet est laissé aux paysans. Ceux-ci ont des habitudes d’organisations non adaptés au bon fonctionnement d’un projet de développement. La définition du rôle ou de la responsabilité de chaque membre du groupe impliquée dans le projet pose des problèmes. Il en résulte un désordre qui se répercute sur le travail et la gestion ;

 

Caractère des projets : la particularité des interventions à Boumouda est le remboursement des investissements qu’elles nécessitent. Des paysans payent encore la facture de projets ayant échoué il y a plusieurs années. Les intervenants se retirent une fois qu’ils sont remboursés par les premiers fonds générés par le projet alors que le paysan, laissé sans ressources est incapable de continuer.

 

Les volontaires : certains ne terminent pas, avant la fin de leur contrat les projets qu’ils ont initiés. Leurs successeurs ne les achèvent pas et en inaugurent d’autres.

 

La sensibilisation : ce volet n’a existé dans aucune intervention. Le paysan ne saisi ni les motivations ni les finalités que peuvent viser leur implication dans le projet.

 

Enfin, les problèmes d’écoulement des produits des projets sont évoqués. L’intervenant ne l’assume pas. Les paysans ont souhaité une implication des autorités administratives, celles-ci n’intervenant que par l’envoi des gendarmes pour rembourser les dettes. Le paysan se sent seul face à des partenaires qu’il ne comprend pas.

           

Eco-club reconnaît la validité des raisons évoquées par les paysans. Mais par-delà ce bilan nous nous permettrons certaines analyses. Les échecs ou les difficultés des interventions à Boumouda sont le fait d’un grand malentendu. La volonté des intervenants d’aider les acteurs a mieux assumer leur propre avenir n’est pas à douter. Il est à noter dans toutes les interventions à Boumouda comme dans beaucoup d’autres milieux, l’absence d’un volet de sensibilisation. Cela nous amène à la grande question de la sensibilisation. Dans chaque intervention, il y a une philosophie, une conception du développement endogène ou une conscience. La majeure partie des intervenants observés par ECO-CLUB, est partisane d’un développement endogène qui tient compte de l’environnement.

 

Leurs actions se traduisent par des activités économiques, par la formation ou l’initiative à de nouvelles techniques qui permettront d’utiliser et de conserver l’environnement économique naturel. L’inexistence de sensibilisation environnementale fait que l’aspect uniquement économique est vu par les acteurs. Cette conception des interventions est à l’origine de l’échec de beaucoup de projets à Boumouda. Les paysans se désintéressent du projet s’il n’existe pas de résultats économiques immédiats. Or, la plupart des objectifs fixés par les interventions, sont envisagés dans le moyen ou le long terme. Nous pensons que  les interventions doivent accorder une importance particulière à la sensibilisation. La lutte pour un meilleur environnement est pour ECO-CLUB celle du développement. Mais le développement est une conscience. Cette conscience doit être inculquée aux acteurs par la sensibilisation.

 

Aujourd’hui des intervenants s’accordent avec ECO-CLUB sur la nécessité de faire de la sensibilisation, laquelle devient incontournable. Cependant, la question des moyens et des méthodes de sensibilisation demeure.

 

ECO-CLUB s’est spécialisé dans la sensibilisation. Il cherche et trouve dans le milieu ses moyens et ses méthodes. La sensibilisation cible l’homme. L’analyse de son milieu, la compréhension de ses réalités sociales, économiques et culturelles sont nécessaires pour l’atteindre.

 

ECO-CLUB travaille avec des groupes. Ces groupes sont l’antenne a Ziguinchor, celle de Boumouda et ECO-JUNIORS les enfants de moins de quinze ans a ECO-CLUB. L’équivalence dans le cas des intervenants pourrait être les GIE, les associations villageoises, etc. caque groupe est organisé, structuré et sensibilisé par la pratique d’activité socio- culturelles, des actions sociales et civiques, etc. Le groupe pilote s’est avéré être un outil  de sensibilisation efficace. Il a pour objectif de créer et de susciter des comportements nouveaux. Par exemple, dans sont programme « hivernage90 »  ECO-CLUB a accorder une priorité à la  sensibilisation  des enfants pour ce faire, il s’est d’abord doté d’une structure d’enfants dénommée ECO-JUNIORS, née d’un concoure de dessins pour enfants du primaire. En suite avec ECO-JUNIORS comme groupe pilote, il a ciblé d’autres enfants dans un programme intitulé : « reboisement et football ». A Boumouda, l’initiation d’un projet de plantation d’arbres fruitiers dans d’anciens champs d’arachide et les activités économiques réussies par l’antenne rurale inspirant les paysans.

 

ECO-CLUB a rencontré des intervenants qui envisagent aussi la sensibilisation. Les moyens préconisés sont quelquefois des outils de sensibilisation  stéréotypés, ou bien sont inspirés d’expériences réussies dans d’antres pays ou d’autres milieux. Il pourrait alors se poser des problèmes d’inadaptation.

 

Ensuite, à ECO-CLUB, il existe dans la structure de chaque groupe pilote une commission de sensibilisation appuyée par une commission socio-culturelle. Les membres de ces commissions sont formés par la pratique de divers programmes de sensibilisation.

 

Chez les intervenants, qui fait la sensibilisation ? les biologistes, agriculteurs,techniciens, autrefois chargés uniquement d’un transfert de connaissances scientifiques et techniques, auront désormais la tache délicate de faire de la sensibilisation. Or la sensibilisation, du fait qu’elle vise l’homme relevant plustot des sciences sociales. Les intervenants devraient donc envisager la collaboration ou l’introduction d’autres compétences.

 

ECO-CLUB est la création d’un ex-étudient en sciences humaines. Cette expérience sert surtout à trouver des moyens efficaces de sensibilisation. Cependant, la philosophie véhiculée par la sensibilisation doit avoir un support scientifique et technique en matière de lutte pour un meilleur environnement. C’est pourquoi ECO-CLUB utilise des appuis scientifiques et techniques et s’intéresse aux technologies appropriées qui visent à l’utilisation et à la conservation de nos ressources naturelles. Il cherche à rallier les sciences humaines et celles de la nature dans la lutte pour un meilleur environnement.

 

Enfin ECO-CLUB accorde un intérêt tout particulier aux objectifs du « Séminaire Casamance ».

 

D’abord, il y’a une nécessité de concertation, de collaboration, d’échange d’expériences et de connaissances entre intervenants. Nous avons constatés que ces relations manquent beaucoup. Il arrive que des acteurs soient tiraillés entre des conceptions contradictoires proposées par des intervenants différents. Notre inquiétude est de voir notre milieu surtout devenir une arène ou  des politiques de développement divergentes ou différentes se font la concurrence. Toutes les interventions participent à la même dynamique : le développement. Or, le développement est un mouvement d’ensemble qui doit être coordonné.

 

Ensuite dans les rapports entre les scientifiques et les acteurs, il ne s’agit pas uniquement d’un transfert de connaissances mais d’une association à la réflexion et surtout au choix des projets. Il est aussi utile d’identifier les procédés, techniques et initiatives des acteurs utilisés pour maîtriser, améliorer et protéger leur milieu rural.

 

Enfin, ECO-CLUB, malgré une quasi-inexistence de moyens, a fait de la décentralisation en s’implantant en milieu rural. Des résultats et des progrès réels ont été observés notamment à Boumouda. Des propositions de création d’antennes  attendent d’être satisfaites. Les activités économiques initiées à Boumouda avec comme seul moyen la volonté et la force des bras nécessite un appui. Le manque de moyens chronique constitue aujourd’hui l’obstacle majeur auquel ECO-CLUB  fait face. Au stade actuel de son développement, il a réellement besoin d’appui technique, matériel ou financier.

06/05/2010

ECO-CLUB : QUEL ECOLOGISME ?

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Le 15 septembre 1988, pour la première fois, dans l’histoire du mouvement des idées dans notre pays, fut proclamée une philosophie se réclamant de l’écologisme. En réalité, ce n’était alors qu’une vision. ECO-CLUB devrait d’abord chercher à remplir les critères de la rationalité et de l’objectivité. Aussi avait- il besoin d’être expérimenté et vérifié dans la pratique. Cette volonté d’être une philosophie d’action se manifesta d’abord par la création d’une structure viable, le 12 novembre 1988 à Ziginchor, et d’une antenne pilote en milieu rural, Boumouda. Ainsi ECO-CLUB, l’embryon du mouvement écologique prenait forme. Mais l’écologisme est un fait tout nouveau dans notre pays. Cette originalité et tant d’autres, confèrent à ECO-CLUB une identité.

 

     ECO-CLUB est une structure animée d’une conscience qui la précède et  l’oriente. Mais l’environnement est une notion très vaste. La vision que nous en avions n’était pas finie celle-ci évolue en même temps que la structure se développe.

   

    A l’origine, fut la pris de conscience du contexte géo- climatique  de notre pays, qui interpellait et interpelle encor avec acuité, tout citoyen. En effet le Sénégal est un pays sahélien. la gangrène du désert le ronge de façon alarmante. A cela, il faut ajouter la dévastation inquiétante de la nature par l’homme, comme le feu de brousse, l’exploitation forestière abusive ou incontrôlée, ou une certaine forme d’urbanisation. La rareté des pluies, conséquence néfaste du fléau de la désertification, profondément éprouvé l’agriculture, ce grand pilier de notre économie. L’homme se heurte quotidiennement à l’hostilité de la nature.

 

 

    En fin la menace des déchets toxique pesait sur notre continent. Des pays africains avaient été même  incriminés.

 

    La détérioration progressive de notre cadre de vie et les menaces qui pèsent sur lui, le dégradation de nos conditions d’existence, nous imposaient nous imposent encore de prendre les initiatives pour sauvegarder et améliorer notre environnement. La naissance d’Eco-Club survenait donc à point  nommée. Il n’est pas le plagiat d’autres structures écologiques existants ailleurs. L’environnement qui perçoit est d’abord celui qui l’a engendré et dans lequel il est fortement impliqué.

  

  ECO-CLUB se propose de lutter de manière générale, pour un meilleur environnement mais il ne fait pas le projet d’une société idéaliste vivant dans un environnement paradisiaque. Il se veut une structure qui sauvegarde les acquis et recherche quotidiennement les moyens d’améliorer nos conditions et notre cadre de vie. Pour atteindre ses objectives ambitieux, nous avons pensé que seule la création d’un grand mouvement pouvait être décisive. Aussi le rôle essentiel d’Eco-Club fut-il de créer les conditions objectives favorisant l’avènement du mouvement écologiste dont il est l’embryon. Un mouvement constitue certes, une force contre les agresseurs de l’environnement. Sous d’autres cieux, cette force proteste par des marches, des manifestations ou combats dans l’arène politique. Mais ECO-CLUB est apolitique lutte pour un meilleur environnement constitue un acte de civisme et de patriotisme et concerne tout citoyen. Nous le considérons comme une option dans une large dynamique pour le développement. Pour se faire, il s’est fixé comme tache d’inculquer sa conscience à un plus grand nombre de citoyens pas la sensibilisation. Cette conscience et toute sa vision, celle de l’environnement physique, économique, social, culturel et aussi une mentalité et des comportements nouveaux.

  La sensibilisation est l’activité essentielle Eco-club Celle-ci ne consiste pas seulement au martèlement des consciences. La pratique aussi peut provoquer la prise de conscience, et l’a raffermit d’avantage. ECO-CLUB est une structure d’action, la sensibilisation telle que nous la pratiquons, procède par le captation des consciences, d’abord avec une structure viable, puis avec des activités socio-économiques, socioculturelles, des actions sociales et civiques, en un mot avec de la pratique. Elle est aussi idéologique.

 

            ECO-CLUB produit périodiquement des documents, profitant souvent d’occasion comme la campagne de lutte contre les feux de brousse. Il permette à notre vision de se préciser et d’évoluer

 

            La commission socioculturelle d’ECO-CLUB a une vocation de sensibilisation. Elle compose un hymne intitulé « YIRBA » (le grand arbre) et produit des tableaux d’art dénonçant des agressions contre notre environnement. A l’exposition de la 6ieme semaine régionale de la culture et de la jeunesse, elle a emporté la coupe mise en compétition. Cette même coupe baptisée « YIRBA » fut jouée lors d’un tournoi de football à BOUMOUDA, pour sensibiliser ce village et ses environs.

 

 

            Bref, toutes les actions d'Eco-Club  constitue autant de véhicules pour la sensibilisation. La sensibilisation n’use pas de moyens choisis dés le départ. Elle est très inspirée et a pour tache d’imaginer et de trouver les moyens d’atteindre les objectifs qui lui ont été fixés. Eco-Club est une structure de réflexion. La sensibilisation est surtout axée sur la lutte contre la désertification. Nous considérons que ce fléau constitue, aujourd’hui, l’agression la plus concrète sur notre environnement. Le Sénégal doit pour sa survie même, mener un âpre combat contre l’avancé fulgurante du désert. Eco-Club en a fait une priorité. A sa naissance, son premier cri fut « TOUCHE PAS A MA NATURE ».Cet avertissement s’adresse a une société peu préoccupée par son environnement et qui ne cesse de le menacer et de l’agresser.  Eco-Club s’est engagé à la prévenir sur les dangers du fléau de la désertification et à la convaincre sur la nécessité de le combatte. Il recherche les causes et propose d’autres alternatives. Il est urgent de repeupler notre nature, d’abord par le reboisement. Pour sa part Eco-Club a reboisé à BOUMOUDA en initiant un projet de plantations d’arbres fruitiers dans d’anciens champs d’arachides. Mais dans ce combat titanesque il est impérieux d’encourager et de multiplier les efforts dans les constitutions de barrages. Eco-Club lutte aussi pour la sauvegarde de ce qui nous reste de nature.

 

            La sensibilisation sur le fléau de la désertification se fait partout ou opère Eco-Club. Ensuite par rapport au milieu, elle s’articule sur les autres problèmes de l’environnement qui lui sont spécifique

Aujourd’hui la sensibilisation a atteint les résultats inespérés. Eco-Club est parvenu à changer quelques choses dans le comportement de beaucoup de citoyens, à redonner espoir à des pessimistes et à intéresser les indifférents. A Ziguinchor, la structure comprend maintenant des propositions gigantesques. Ensuite l’expérience de BOUMOUDA a value des propositions de créations d’antennes dans d’autres villages.

 

            L’environnement social figure parmi les grands préoccupations d’Eco-Club. Notre écologisme, c’est de l’humanisme aussi. Il est pratiqué au seul profit de l’homme. L’homme qui le détermine. Mais le dialogue sociale connaît aujourd’hui des difficultés. On assiste de plus en plus à une crise de nos organisations sociales. La famille est en dislocation. L’individualisme, l’égoïsme, la marginalisation deviennent de véritables fléau sociaux. Les tensions sociales souvent aigues que nous vivons, ont certes diverses causes. Cependant nous pensons que la crise économique y est pour quelques choses. La précarité de l’emplois a fortement bouleversé nos traditions sociales. L’emploi tend à devenir l’unité de mesure de la valeur humaine. Ce qui n en est pas vive des drames psychologiques, souvent cause d’usage abusif de la drogue et de dépressions.

 

            Eco-Club estime que pour un meilleur environnement social il faut quand même du travail. C’est pourquoi il s’est aussi fixé la tache initiée un volet économique. Il a fait du concept de self-reliance son principe fondamental : compter sur ses propres forces. Il devait alors imaginer des débouchés économiques, en faisant preuve de beaucoup de réalités.

 

            La solidarité est le fondement du volet économique : solidarité du groupe, mais aussi solidarité du groupe à l’égard de l’individu, elle a surtout pour but d’amener les écologistes à acheter et à traiter entre eux. Pour encourager ces échanges internes des tarifs de faveur ont été crées : le « prix vert » ou encore « prix écologiste ».Grâce à la solidarité, le marché intérieur que constitue Eco-Club a été fort bien exploité. Elle a aussi rendu possible la coopération économique inter antenne, c'est-à-dire entre Eco-Club Ziguinchor et Eco-Club BOUMOUDA.

 

            Cependant le marché intérieur n’a pas été négligé. A Ziguinchor, l’obtention de petits marchés de constructions a permis d’occuper certains ouvriers. D’autres ont pus être introduits dans les grands chantiers. La promotion des artisans s’effectue aussi dans le milieu touristique appelé au « fighting » a eu des éclos positifs. Eco-Club est contre l’attentisme. Le membre est appelé à se battre, et est soutenu dans le combat qu’il mène pour s’occuper. A BOUMOUDA, fait nouveau, les villageois ont eu libre choix quant à la réflexion sur leur propres forces : le concept de self-reliance y est bien encre. Les activités économiques s’y traduisent d’abord pour des projets collectifs : plantation d’arbres fruitiers, riziculture,et pêche de crevettes. Les initiatives individuelles y sont stimulées et encouragées. L’écoulement du surplus de certains produits, ainsi que la pêche commerciale, en sont rendu plus difficiles. Toutefois la coopération inter antennes a beaucoup aidé à contourner cet obstacle surtout pour l’écoulement des produits maraîchers

 

            L’aide à la formation fait partie du volet économique. Il faut y noter un seul cas d’insertion dans un programme de formation. L’appel lancé à cet effet aux pouvoirs publics et aux organismes non gouvernementaux, n’a pas encore eu échos.

 

             En ce qui concerne l’éducation, des efforts ont été consentis pour venir en aide à nos élèves, notamment en les dotant d’une bibliothèque et en les encadrant. La lutte que mène Eco-Club n’a pas pour unique but de respirer l’air pur. Elle est une structure de base. Il est la volonté de la base de prendre le contrôle de sa vie quotidienne sur le plan local. Pendant cette première année d’existence, le souci d’ Eco-Club a été de l’organiser et de l’entraîner à la pratique, la préparant ainsi à s’atteler de grands projets de développement. Cependant le manque de moyens chronique constitue un handicap de taille. Au stade actuel de son développement, Eco-Club a besoin, du soutien de la coopération et de la collaboration de structures soucieuses d’aider la base d’assurer son propre avenir. Eco-Club est une structure de contribution. Il s’est identifié des partenaires, pour la plupart parmi les pouvoirs publics, dont il se veut le partenaire social. Sa contribution s’effectue et à la réflexion et à la pratique.

 

            Eco-Club est une structure de formation. Il aide l’individu à comprendre les diverses composantes de son environnement, le rendant ainsi apte à s’y adapter et aussi à se l’adapter. La notion d’environnement élargit le champ de la connaissance.

 

            Eco-Club est une structure d’utilité sociale. Malgré la modestie de ses moyens, il a mené des actions en faveurs de la communauté locale. Il recherche encore le moyen de doter son antenne rural de médicaments. La santé est le critère de l’amélioration de nos conditions d’existence.

 

            Eco-Club est une philosophie de l’espoir. Il est un initiative de jeunes. Dans les bas quartiers, ou il est né, comme à certains niveaux, il a été d’abord perçu comme un coup de point sur les tables de valeurs. On a cherché à tort à le considéré sous l’angle de la problématique de la jeunesse, à laquelle certains esprits conservateurs s’entêtent à nier toute préoccupation pour le progrès. Nous vivons dans un environnement favorable à la libéralisation de la pensée, et qui nous contraint à la réflexion. A Eco-Club, jeune et adulte dépassent un conflit de générations inutile, et cherchent ensemble à améliorer leur environnement.

 

            Eco-Club a vécu au quotidien grâce au professionnalisme de certains de ses membres. Cet engagement volontaire et bénévole, cet esprit de sacrifice pour la cause civique et patriotique, constituent autant de valeurs à saluer.

 

            Membres d’Eco-Club, jeune et adultes nous sommes les premiers à initier l’Ecologisme dans notre pays. Les intimidations, les agressions et toutes les difficultés rencontrées, sont le lot de tous les pionniers. Mais notre volonté est inébranlable. L’expérimentation d’Eco-Club s’est avérée positive.

CE LONG CHEMIN QUE NOUS AVONS INITIE , NOUS SOMMES DETERMINES A LE POURSUIVRE.

 

 

                                 Fait à Ziguinchor le 24 février 1990

 

                                 TOUCHE PAS A MA NATURE